Alix Sculpture

Ma création artistique en général et ma sculpture en particulier

lundi 21 mai 2007

Ouvrir le champ de l'art

A étudier les multiples magazines consacré à l’art, on s’aperçoit rapidement qu’il y a dichotomie entre deux mondes qui se dédaignent, voire se combattent.

Pour faire simple, nous pourrions placer dans un camp, les magazines dits d’art contemporains, comme « Beaux Arts Magazine », « Art Press » ou dans une moindre mesure « L’œil », associés à tout ce qui fait ce petit monde, à savoir les Frac, les musées d’art contemporains, les biennales et autres fondations.

Dans l’autre camp, nous trouverions tous les autres magazines dont j’avoue avoir oublié les titres, dont les pages regorgent d’articles sur des artistes vivant utilisant des médiums plus classiques et de publicités de petites galeries.

Ceux là, n’ont pas de mots assez dur pour vilipender ce microcosme intellectuel qui les dédaigne. La violence de l’attaque peut aisément se comprendre, tellement le mépris pour une création plus classique est fanatique.
Il est vrai, que l’on peut parfois se lasser de voir la énième interprétation d’un cubisme réchauffé, d’une sous sculpture à la Rodin, ou bien du même paysage encroûté d’une lumière méditerranéenne. Ces œuvres là plaisent sûrement à un certain public mais ne me font pas rêver ni avancer la création artistique.

D’un autre côté, mépriser à priori une œuvre parce qu’elle use de médiums traditionnels me semble ridicule.
Ne penser l’art qu’à travers la nouveauté est d’un grotesque sans nom. Quelle créativité dans cette course au nouveau ? Les grandes avant-gardes sont toutes reconnues, voire encensées. Plus besoin est de les défendre encore contre un art considéré comme obsolète ou archaïque.
Il faudrait dépasser la critique de combat, de défense des avant-gardes pour faire une critique, voire une histoire de l’art apaisée.
Il faudrait profiter de l’ouverture offerte par ces avant-gardes pour ne plus s’enferrer dans un nouvel académisme et reconnaître le pouvoir créateur autant chez un plasticien qui use des médiums modernes que d’un sculpteur sur marbre. L’art y gagnerait en richesse…

Posté par lartemizia à 00:03 - Penser le travail artistique - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


dimanche 20 mai 2007

La question du Post-moderne

Il paraît que notre époque souffre de « collectionnite » aiguë. Aucune culture n’a échappé à la boulimique curiosité contemporaine. Cette passion pour l’ancien, que l’on retrouve dans ce qui est communément appelé le post-moderne, est-elle une des raisons d’une stérilité de la création contemporaine ou au contraire, cette curiosité universelle stimulerait-elle et enrichirait-elle cette création ?

Ma position d’artiste me ferait pencher pour la seconde hypothèse. Personnellement, je me sens stimulée par l’étude des œuvres plus ou moins anciennes, pour avoir été, pendant de longues années, tétanisée par ce trop plein d’art. En effet, comment répondre à ce « tout a déjà été fait avant nous et bien mieux que ce que nous pourrions faire » qu’en se nourrissant des œuvres du passé ?

Je rencontre quelques fois des créateurs qui ne manquent pas de talents, mais de beaucoup de culture artistique. A mon étonnement, ils répondent qu’ils ont peur, à visiter l’histoire de l’art, d’être influencé et de perdre leur âme. Objection que je trouve sans fondement, à part peut être un légitime manque de confiance en soit, parce que rien ne nourrit mieux sont propre travail que la fréquentation de l’art. Se frotter aux autres, c’est s’enrichir…

Plus généralement, revisiter l’art du passé peut-il être pensé comme un manque de créativité de notre époque ?

Les avant-gardes ayant, tout au long de la deuxième moitié du XX° siècle, balayé tout ce qui n’était pas nouveau, il me paraît légitime aujourd’hui que les artistes veuillent se réapproprier le passé.

Posté par lartemizia à 23:59 - Penser le travail artistique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mardi 15 mai 2007

Un tout petit texte de réflexion sur la photographie

La photographie se réduit-elle à une technique de reproduction ou peut-elle s’inscrire parmi les moyens d’expression plastique ? Plus simplement, la photographie est-elle un art ? Cette question est a l’origine d’un très long débat et plus de cent cinquante ans après la première apparition du mot photographie (1839), l’hypothèque n’est pas levée.

Toutes les photographies ne sont pas, a priori, des oeuvres d’art, mais en va-t-il autrement au niveau du dessin, de la peinture ou de la gravure ?

Il existe une différence entre la photographie et la photographie d’art : l’une est moyen d’information, l’autre moyen d’expression qui cherche à faire partager une émotion. La photographie artistique met en jeu la tension entre l’apparence du monde extérieur et la personnalité de celui qui la met en scène.

Aujourd’hui, libérée du culte de l’authentique, la photographie d’art suscite une autre expression du réel en jouant sur l’écart entre les réalités physiques, optiques et subjectives.

Posté par lartemizia à 01:36 - Penser le travail artistique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

mercredi 19 juillet 2006

Présentations

Petit mode d'emploi de ce blog. J'ai choisi de laisser les messages dans l'ordre chronologique de leur création afin que les visiteurs qui découvrent cet espace puissent bénéficier de la présentation. Mais quand vous revenez, n'hésitez pas à aller voir colonne de gauche la liste des derniers messages. Cela vous permettra d'aller plus vite.

Dans ce blog, je vais essayer au fil du temps, de vous présenter mon travail sous différents jours. Il y aura des tentatives de théorisation, peu nombreuses rassurez-vous. Je voudrais également donner des extraits de textes qui me donnent à réfléchir ou bien encore des citations d'artistes. Mais il y aura surtout beaucoup de photos. Parce qu'en dehors de la sculpture, la photographie est un de mes moyens d'expression plastique. Il y en a d'autres, vous les découvrirez. Je commencerais néanmoins en privilégiant la sculpture parce que c'est mon médium de prédilection. Donc, photographies de sculptures, double travail de création. Un jour, je développerais la différence que je fais (et je ne suis pas la seule) entre la photo documentaire et la photo dite artistique. Dans ce blog, il y aura des deux, les premières qui rapporteront l'évolution de mon travail sur une pièce, d'autres dont j'aimerais qu'elles soient vision nouvelle de l'objet artistique.

Ce premier message est une tentative de présentation de ma démarche artistique.

Ma démarche première, ce qui m’a toujours passionné, c’est le rapport entre nature et culture dans l’art. Je suis fascinée par la beauté des formes que la nature peut nous offrir et plus encore par l’association harmonieuse ou contrastée de l’opération artificielle de création humaine sur ou avec la nature.

J’éluderais ici la définition rigoureuse de la nature, ce n’est pas le lieu d’un développement théorique, pour me contenter de son approche commune.
Je préciserais simplement que je mets sous le mot générique de nature, tout ce qui ce fait en dehors ou sans l’intervention humaine. Et pour l’instant, je me contente de la terre. L’espace, on verra plus tard …

Je vie dans un espace préservé, en contact quotidien avec cette nature, en subissant plus ou moins de bon gré, ses aléas. Mais toujours j’en respecte les débordements qui sont pour moi un rappel à l’ordre pour l’homme urbain.

Ainsi, ma démarche créatrice est toujours en lien, plus ou moins étroit, avec la nature. Pour ma sculpture, j’ai choisi le bois pour ses qualités organiques et ne travaille que sur des morceaux prélevés dans la campagne. Ainsi, chacune de mes sculptures est issue d’un bout de bois qui me parle dès son origine. La nature a façonné le bois et j’interviens sur cette forme. Un bloc de bois manufacturé ne m’intéresse pas, pour moi il est mort, rien ne s’en dégage. J’aime le vivant de la forme donné par la nature. J’intègre ma sensibilité, ma quête créatrice a une forme déjà là.
Sensible à la théorie de Brancusi, après Michel-Ange qui affirme que "le travail du sculpteur est une opération de dévoilement et de libération de la statue enfermée dans le bloc", je ne peux utiliser que la taille directe. Pour moi, il y a de la magie à révéler une forme que je pressens dans le morceau de bois glané au fil de mes promenades.


Posté par lartemizia à 22:49 - Penser le travail artistique - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1